Le site des Jeux Vidéo rétro
SYSTEM ONLINE // VER. 1.2
LOCAL CACHE


Intelligent Design / Screen 7 - 1989


TEST sur Amiga



./games/jaws/box_jaws.jpg

INFORMATIONS

Genre :

Arcade/Action

Sortie :

1989

Développeur :

Intelligent Design

Editeur :

Screen 7

Langue :

Anglais

Support(s) :

Amiga, Amstrad CPC, Atari ST

PEGI :

7
CONCEPTION

Amiga


Compositeur :

David Whittaker
DOWNLOAD
PLAYLIST
INTELLIGENT DESIGN
MAGAZINES
Génération 4 #12
[juin 1989]
  • page
    88
  • Preview
Génération 4 #13
[juil 1989]
  • page
    90
  • Preview
Génération 4 #14
[sept 1989]
  • page
    41
  • Test Atari ST
TILT #69
[sept 1989]
  • page
    49
  • Test Atari ST
TILT #70
[oct 1989]
  • page
    84
  • Test Amstrad CPC

TEST

À première vue, Jaws a tout pour ferrer le joueur naïf. Un titre mythique, une affiche culte, une musique immédiatement reconnaissable… et la promesse à peine voilée de revivre l’un des films les plus marquants des années 70. Autant le dire tout de suite : ce requin-là n’a gardé du film que les dents. Pour le reste, Jaws est un jeu d’exploration sous-marine pur et dur, héritier direct de Cybernoid, bien plus que de Steven Spielberg.

Le scénario reprend pourtant les grandes lignes du long-métrage. Une attaque sanglante sur les plages d’Amity, un chef de police dépassé par les événements, un maire plus soucieux de son chiffre d’affaires que de la sécurité des estivants, et un grand requin blanc bien décidé à faire de la petite station balnéaire son amuse-gueule. Malheureusement assez vite, on se rend compte du subterfuge habituel de ce type d’adaptation, en surfant sur le succès du film pour un petit jeu certes sympa mais qui n’a pas grand-chose à voir avec le film. Le jeu utilise l’idée aussi simple que cruelle : le harpon est cassé, ses quatre morceaux ont sombré dans les profondeurs, et c’est à vous d’aller les récupérer. Facile ? Bien sûr que non.

Y aura de la soupe au squale ce soir, c'est l'chef Brody qui le dit

Que de souvenir ! Jaws est un des rares jeux que j'avais acheté sur Amstrad CPC après l'avoir vu tronant fiérement sur l'étagère d'un Picwic, juste à côté d'un autre titre majeure de l'époque Indiana Jones and The Last Crusade. Malheureusement Jaws a tout pour ferrer le joueur naïf, dont je faisais partie. Un titre mythique, une affiche culte, une musique immédiatement reconnaissable… et la promesse à peine voilée de revivre l’un des films les plus marquants des années 70. Autant le dire tout de suite : ce requin-là n’a gardé du film que les dents. Pour le reste, Jaws est un jeu d’exploration sous-marine pur et dur, héritier direct de Cybernoid, bien plus que de Steven Spielberg..

Pourtant tout commence bien. Dès son introduction, Jaws soigne son entrée. L’écran titre reprend l’affiche du film, suivi d’une reconstitution de l’attaque de la baigneuse, le tout accompagné du thème légendaire de John Williams, admirablement adapté par David Whittaker. Une courte séquence en pseudo-3D montrant le transfert du sous-marin vers le bateau finit de convaincre le joueur qu’il s’apprête à vivre une expérience cinématographique. Spoiler : l’illusion ne dure que quelques minutes.

Inutile de s'y frotter sans toutes les pièces du harpon

Une fois dans le jeu, c’est sur le bateau du chef Brody que l’aventure commence. Depuis celui-ci, il est possible de fermer certaines plages lorsque le requin s’approche trop près, une idée intéressante mais finalement secondaire. Le vrai jeu, celui qui vous occupera la majorité du temps se déroule sous l’eau, là où Jaws rode, révélant sa véritable nature.

Les fonds marins ne sont qu'une juxtaposition d’écrans fixes, sans aucun scrolling, sans effet, sur Amstrad CPC bien sûr mais aussi étonnamment sur Atari ST et Amiga, formant ainsi un immense labyrinthe dont il faudra trouver les morceaux de harpons et bien sûr en ressortir vivant. Chaque écran est construit à partir de blocs graphiques selon une technique classique de l’époque permettant d’économiser la mémoire de nos bonnes vieilles machines 8 bits… et 16 bits. Sur le papier, c’est astucieux. Dans les faits, la variété visuelle reste limitée, avec une petite vingtaine d’écrans différents et une faune sous-marine peu inspirée.

Vous devez fermer les plages quand le requin rode trop près

Côté ambiance sonore, le constat est tout aussi contrasté. Une fois la musique d’introduction passée, le joueur doit se contenter d’un bruit de fond marin quasi permanent, agrémenté d’une respiration du plongeur assez vite énervante, parfois ponctué de sons agressifs lorsque le requin attaque. Une ambiance répétitive, presque hypnotique, qui renforce autant l’immersion que… la lassitude.

Pour survivre, vous disposez d’un fusil permettant d’éliminer les ennemis. Certains lâchent des bonus, d’autres déclenchent des pièges retors. Bombes à retardement, projectiles multiples, téléportations forcées envoyant le joueur à l’autre bout de la carte… Rien ne vous est épargné. Le tout, rappelons-le, orchestré par des poissons et des mollusques particulièrement hostiles. On a vu des fonds marins un peu plus accueillants.

En fait là où Jaws impressionne réellement, c’est par son immensité. La carte du jeu s’étend sur 16 × 16 écrans, soit 256 écrans à explorer (que je me suis amusé à capturer pour voir ci-dessous). Une map colossale pour l’époque. Sans plan, le joueur est condamné à errer sans espoir de retrouver la sortie, d’autant plus que la gestion de l’oxygène impose des allers-retours constants. Cartographier les lieux avec du papier et un crayon relevait de l’exploit, voire de la démence pure, mais nécessaire pour espérer en voir la fin. Autant dire que très peu de joueurs ont dû finir ce jeu à l’époque.

Pour ceux qui ont goûté au célèbre Cybernoid sur machines 8 bits, Jaws apparaît comme une évolution logique : plus grand, plus long, plus complexe… et nettement plus impitoyable. L’ambiance du jeu n’atteint jamais le niveau de tension du film, mais la durée de vie, elle, est tout simplement monstrueuse.

EN CONCLUSION

ON AIME...
+ Un remake de Cybernoid
+ L'immense map
ON AIME MOINS...
- Rien à voir avec le film
- Les capacités de l'Amiga sous exploitées : graphismes, sons... bref tout

Ne nous mentons pas : Jaws est une escroquerie marketing parfaitement assumée. Sous un nom mythique se cache un énième jeu qui ne fait que surfer sur un film à succès. Inutile d’espérer revivre l’aventure du film, ni les frissons (nan mais franchement vous vous imaginiez cela ?) car ça ne sera pas le cas. Les fans de Spielberg peuvent passer leur chemin sans regret.

En revanche, les amateurs de jeux d’exploration tordus, de labyrinthes géants et de difficulté à l’ancienne y découvriront un titre aussi fascinant que cruel, capable de vous happer pendant des heures avant de vous recracher, épuisé, à la surface. Jaws n’est pas un grand jeu, mais c’est un jeu sans concession, typique de son époque, où l’on osait encore proposer des expériences longues, injustes et parfois absurdes.

SOLUTION
La carte des fonds marins
(Cliquez pour agrandir)

Ca c'est du plan...

./games/jaws/galerie/Jaws0000.jpg./games/jaws/galerie/Jaws0001.jpg./games/jaws/galerie/Jaws0002.jpg./games/jaws/galerie/Jaws0003.jpg./games/jaws/galerie/Jaws0004.jpg./games/jaws/galerie/Jaws0005.jpg./games/jaws/galerie/Jaws0006.jpg./games/jaws/galerie/Jaws0007.jpg./games/jaws/galerie/Jaws0008.jpg./games/jaws/galerie/Jaws0009.jpg./games/jaws/galerie/Jaws0011.jpg